Emmanuel Macron sait comment faire la une des journaux.
Mais le président français, qui a un jour qualifié l’OTAN de mort cérébrale, le pensait-il vraiment lorsqu’il a déclaré cette semaine que l’Europe ne devrait pas exclure l’envoi de troupes terrestres en Ukraine pour empêcher la Russie de gagner la guerre ? Était-ce un ballon d’essai, une déclaration improvisée et sans coordination avec les alliés, ou le début d’un véritable débat stratégique ?
Comme toujours, le bazooka de Macron avait plusieurs objectifs : forcer les partenaires européens à réfléchir jusqu’où ils sont prêts à aller pour éviter une victoire russe ; faire pression sur les États-Unis pour qu'ils continuent à armer l'Ukraine ; déséquilibrer le président russe Vladimir Poutine ; riposter aux critiques allemandes concernant les modestes dépenses françaises d’aide à Kiev ; et tenter de prendre par surprise les opposants nationaux lors de la prochaine campagne électorale du Parlement européen.
Surtout, le dirigeant français cherchait à assumer le leadership du soutien européen et occidental à l’Ukraine, tout comme l’aide américaine est bloquée par un blocus républicain au Congrès à la demande de Donald Trump avant la campagne électorale présidentielle.
Tout d’abord, les faits : Macron s’exprimait après avoir présidé lundi un sommet des pays alliés en soutien à l’Ukraine, qui a principalement discuté des moyens d’accélérer les livraisons d’armes et de munitions à Kiev. Les dirigeants ont effectivement discuté de la possibilité que les forces militaires occidentales jouent un rôle en Ukraine, mais pas d...
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