Macron a encore tiré avec son bazooka – et la Russie n’est pas la seule cible | Paul Taylor

Paul Taylor - TheGuardian - 29/02
En parlant d’envoyer des troupes en Ukraine, le président français se demande jusqu’où ira l’Occident pour arrêter Poutine. Mais sa bombe pourrait se retourner contre lui, estime Paul Taylor, chercheur principal au groupe de réflexion Friends of Europe.

Emmanuel Macron sait comment faire la une des journaux.

Mais le président français, qui a un jour qualifié l’OTAN de mort cérébrale, le pensait-il vraiment lorsqu’il a déclaré cette semaine que l’Europe ne devrait pas exclure l’envoi de troupes terrestres en Ukraine pour empêcher la Russie de gagner la guerre ? Était-ce un ballon d’essai, une déclaration improvisée et sans coordination avec les alliés, ou le début d’un véritable débat stratégique ?

Comme toujours, le bazooka de Macron avait plusieurs objectifs : forcer les partenaires européens à réfléchir jusqu’où ils sont prêts à aller pour éviter une victoire russe ; faire pression sur les États-Unis pour qu'ils continuent à armer l'Ukraine ; déséquilibrer le président russe Vladimir Poutine ; riposter aux critiques allemandes concernant les modestes dépenses françaises d’aide à Kiev ; et tenter de prendre par surprise les opposants nationaux lors de la prochaine campagne électorale du Parlement européen.

Surtout, le dirigeant français cherchait à assumer le leadership du soutien européen et occidental à l’Ukraine, tout comme l’aide américaine est bloquée par un blocus républicain au Congrès à la demande de Donald Trump avant la campagne électorale présidentielle.

Tout d’abord, les faits : Macron s’exprimait après avoir présidé lundi un sommet des pays alliés en soutien à l’Ukraine, qui a principalement discuté des moyens d’accélérer les livraisons d’armes et de munitions à Kiev. Les dirigeants ont effectivement discuté de la possibilité que les forces militaires occidentales jouent un rôle en Ukraine, mais pas d...
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